• Posté le jeudi 23 juillet 2015
  • Par Nans Bres
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Extrait du Delalande Mag’ #3 : http://delalande-peche.fr/newsletter/vol3/

Comment pêcher par eau profonde des poissons difficilement localisables ?

Chercher sans cesse à mieux comprendre le comportement du brochet permet d’utiliser ces connaissances pour optimiser sa pêche. L’idée peut sembler simple et évidente. C’est pourtant plus complexe qu’il n’y parait et demande une grande réflexion de la part du pêcheur.

Le choix des secteurs

J’ai beaucoup appris ces derniers temps sur le comportement du brochet. Je me suis ainsi rendu compte que l’on ne connaît que très peu de choses sur son comportement. J’ai néanmoins pu comprendre quelques petits détails qui peuvent s’avérer très utiles pour adapter sa manière de pécher à ce grand prédateur.
Les poissons ne se tiennent jamais sur un spot par hasard. Il y a toujours une explication expliquant qu’un poisson soit situé sur une zone précise. Pour le comprendre, retournons un court instant à l’école primaire et plus particulièrement sur l’étude de la chaîne alimentaire aquatique. Si un poste est poissonneux et qu’il y a beaucoup de vie, c’est en grande partie lié au substrat du fond. En milieu pélagique il y a des producteurs primaires, à l’origine même de la chaîne : ce sont les algues nommés phytoplanctons. Puis viennent les herbivores ou consommateurs primaires : le zooplancton. Juste au dessus se situent les poissons planctonivores (perchaudes). Enfin, au bout de cette chaîne alimentaire se trouvent tous les poissons carnassiers, dont le brochet bien évidemment.
Sur les lacs ayant un minimum de courant nous allons donc trouver trois types de zones riches en brochets. Ces secteurs sont bien spécifiques :
Les zones de chasse : comme dit précédemment, ce sont des secteurs poissonneux. Possédant des substrats adaptés à la production phytoplanctons, ils contiennent beaucoup de zooplancton. Ces milieux attirent le poisson fourrage qui s’en nourrit. Ils constituent donc une véritable réserve de proies pour notre prédateur.
Les zones de passage : ces secteurs s’avèrent difficilement localisables car le brochet est toujours en déplacement. Elles sont déterminées en grande partie par les courants ainsi que par la thermocline. Cette dernière se trouve entre l’épilimnion (eau en surface chaude et oxygénée) et l’hypolimnion (eau en profondeur plus froide).
Les zones de repos : ce sont des secteurs de confort pour le brochet. La présence de fourrage est rare. Il y a peu d’irrégularité sur le fond. Ce sont des spots à très gros spécimen.

Une façon spécifique de procéder :

Parlons un peu d’animation à présent. Vous le savez tous : la pêche du brochet au leurre est et restera toujours un véritable casse tête ! Nous savons que selon d’innombrables facteurs (luminosité, vent, courant, fond, teinte et température de l’eau etc.), le brochet préférera une animation, une couleur ou encore une vibration spécifique. C’est ainsi qu’il ne mordra que sur un type de leurre et pourra totalement en ignorer un autre. Il faut donc trouver au plus vite le bon pattern. C’est alors que la pêche devient véritablement passionnante !
Certaines animations resteront toujours efficaces, et ce, quelles que soient les conditions. C’est en particulier le cas dans les lacs alpins. La technique du « cranking » reste ainsi une valeur sure. Elle consiste à ramener simplement votre leurre en linéaire sans animation à la profondeur désirée. Je vous conseille alors d’utiliser un shad GT 22 cm sur tête plombée Boulboule 30gr. Un ensemble au top !
Mais au delà des techniques classiques, je suis néanmoins persuadé que le plus important reste la présentation et le changement de leurres de façon méthodique.
Commencez par aborder votre zone en ramenant un shad peu plombé en linéaire, juste sous la surface. Utilisez de préférence des coloris naturels tel que « l’argent holo pailleté dos noir ». Après avoir peigné en éventail le poste, vous pouvez ensuite faire évoluer votre leurre entre deux eaux. Enfin, effectuez les derniers lancers en prenant contact avec le fond. Vous pouvez sur ce même spot (ou le suivant) répéter cette méthodologie en utilisant des coloris plus « agressifs » et plus flashy (« Chartreuse dos rouge » par exemple)
Dans des fonds d’une dizaine de mètres, privilégiez également une pêche en pleine eau. En effet, une animation prés du fond sur les premiers lancers ferait passer la tresse à coté de poissons postés à mi-eau, ce qui aurait pour conséquence de les faire fuir. Gardez bien en tête qu’un brochet actif posé sur des fonds de 10 mètres viendra sans hésitation attaquer votre leurre évoluant dans 5 mètres d’eau ! Vous exploitez ainsi efficacement toutes les couches d’eau, ce qui augmente considérablement les chances  d’en prendre.

Le sondeur :

Un échosondeur (ex: Humminbird Helix 5) est un précieux allié pour les pêches en eaux profondes car il aide à localiser et à interpréter la vie aquatique qui se déroule sous le bateau ou le float tube. Si bien sur nous ne voyons pas tous les brochets qu’il y a sur le secteur que nous comptons aborder, il est néanmoins possible de comprendre si nous sommes sur une zone de chasse, de repos ou encore de passage. Le spot le plus facile à exploiter restant bien évidemment la zone de chasse !
Ça y est, vous êtes sur votre poste ! Il y a beaucoup de poissons fourrage au sondeur : c’est un bon début ! Sachez pourtant qu’un banc trop compact n’est pas un signe d’activité, bien au contraire ! Il est en effet possible de reconnaitre le degré d’agitation directement sur votre écran. Si celui-ci apparait disloqué et sous forme de colonnes, cela signifie qu’il est stressé et que les brochets sont surement en chasse.

Comme vous avez peut être pu le constater ces derniers temps sur les réseaux sociaux, des vidéos de chasses de brochets dans des bancs de poissons fourrage font le buzz. Ces vidéos offrent l’avantage de parfaitement montrer le comportement particulier de ces groupes face aux attaques de ces grands prédateurs. Comme en mer, ceux-ci se divisent en plusieurs en plusieurs boules de proies très concentrées sous l’effet du stress. Ce sont ces bancs divisés qui apparaissent au sondeur sous forme de colonnes atypiques.

Le comportement du brochet peut vous sembler encore bien flou aujourd’hui. Mais à force de persévérance et d’heures passées à analyser au bord de l’eau, vous pourrez regrouper vos expériences et vos réflexions pour en arriver à une meilleure compréhension de ce carnassier.
Chaque information, chaque conclusion que vous avez pu tirer de vos parties de pêche sont autant de pièces d’un grand puzzle qu’on assemble petit à petit. Et bien que ce puzzle ne sera jamais totalement complété, il vous donnera néanmoins une vision plus claire de son comportement. Car avoir une meilleure compréhension de ce fantastique prédateur vous permettra de le pêcher plus intelligemment, et donc d’en prendre bien plus souvent.

Nans Bres

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